Jerome David Salinger

Ce n’est qu’après sa mort, en janvier 2013, que j’ai découvert que les 21 nouvelles dites « Incollected Stories » qui, dans divers journaux et magazines, ont précédé « The Catcher in the Rye,» ainsi que sa dernière publication (« Hapworth 16, 1924 ») dans le New Yorker en 1965, commençaient à être « téléchargeables » – plus ou moins légalement je suppose – sur divers sites.
Bizarrement, la bibliothèque de Tours possède le premier des deux volumes d’une édition « pirate » parue en 1974* (en anglais, évidemment), dont elle m’a aimablement communiqué une photo des couvertures (voir ci-dessus). Voici une tentative de traduction de la préface de cette édition :

Entre 1940 et 1965, J.D. Salinger publia un total de 30 nouvelles et un roman. Parmi les nouvelles, treize ont été rassemblées dans ses trois célèbres volumes : Nine Stories, Franny & Zooey, et Raise High the Roof Beam, Carpenters and Seymour: An Introduction; les vingt-deux autres sont longtemps restées abandonnées dans les magazines, connues seulement de quelques fidèles. Ce sont ces vingt-deux nouvelles qui constituent la matière de ces deux volumes. Certaines sont immatures, d'autres sont excellentes. Une fois rassemblées, elles fournissent peut-être la clef qui permet de comprendre la constance de Salinger à développer le thème de la religion, du mal de vivre des adolescents des quartiers suburbains aux frustrations intellectuelles des années de guerre, et la mystique d’une figure littéraire telle que Seymour, à l’apogée d'une tradition de recherche approfondie de la conscience de soi.

C’est en vain que j’ai recherché des versions françaises de ces 22 nouvelles. Les droits d’édition de Salinger, ça m’a tout l’air d’un sacré sac de nœuds. N’empêche, je ne peux même pas imaginer que des éditeurs ne tiennent pas d’ores et déjà ça secrètement sous le coude, pour être prêts le moment venu. Mais je n’avais pas envie d’attendre un hypothétique lever de l’embargo et, de guerre lasse, je me suis décidé à les traduire, avec le modeste viatique que m’avaient autrefois légué mes profs d'anglais successifs, mais surtout grâce au foisonnement d’outils de toutes sortes disponibles sur internet.

Aucune de ces traductions ne figure cependant sur ce site, même si, pour tout dire, c'est par là que ma carrière de traducteur amateur a commencé.
La situation est telle qu'il semble bien que si j'en publiais ne fût-ce qu'une, à titre, bien entendu, tout à fait gracieux, et même, si ça se trouve, si je payais pour le faire, je courrais le risque de me retrouver avec, sur le râble ou à mes trousses, une armée d'avocats dûment mandatés par les ayants-droits de feu Jerry...

Alors, je reste assis dessus, tout comme Buddy Glass est assis depuis des décennies sur les haïkus inédits de Seymour.

Si quelqu'un a une idée...

* J. D. Salinger.The Complete Uncollected Short Stories. Volume 1 and 2. [n. p.: n. d., 1974]. Second issue of pirated edition. Two octavo volumes. 88; 107 pages.