O. Henry, c'est bien sûr les Contes du Far West, mais également plein d'autres, des histoires peuplées de filous résolument fieffés, sans doute, mais tout aussi rigoureux sur les questions de déontologie, d'étique et de morale professionnelle que vous et moi.

Les ancêtres d'Arsène Lupin (ou au moins les cousins), peut-être, mais pas l'Arsène Lupin des sombres aventures de l'Île aux trente cercueils ou de 813, non, plutôt celui, léger et désinvolte, insouciant, farceur et gouailleur de l'Agence Barnett ou de l'invincible adversaire d'Herlock Sholmes.

Mais Lupin fume le cigare et porte haut-de-forme et monocle, tandis Jeff Peters, Andy Tucker et leurs collègues mâchouillent la chique et, à la place du haut-de-forme du bourgeois sous lequel ils n'ont pas besoin de lorgnon pour distinguer les plumes du pigeon portent un chapeau de cow-boy un peu fatigué, certes, mais tout pareil à celui du Noël de mes dix ans.

On pourrait continuer longtemps sur cette agréable lancée.

Reste que je n'ai traduit que quelques contes sur les dizaines, semble-t-il, qui n'attendent que ça pour venir chatouiller nos zygomatiques de mangeurs de grenouilles.

C'est que la langue d'O. Henry défie le traducteur amateur par sa richesse, son imagination, sa drôlerie. Il ne rechigne devant aucun calembour, tort et triture les mots dans tous les sens, les mélange, en invente en veux-tu en voilà...

Alors, si vous en voulez, en voici un peu.